Le 2ème pilier (LPP) en bref
- Obligatoire dès 17 ans (risques) et 25 ans (vieillesse) pour les salariés gagnant plus de CHF 22'680/an
- Cotisations partagées entre employeur et employé : l'employeur paie au minimum 50%
- Taux de conversion: 6,8% de l'avoir de vieillesse accumulé
- Retrait possible sous forme de rente, capital, ou combinaison : décision irrévocable
- Retrait anticipé autorisé dans 4 cas: retraite anticipée, achat immobilier, indépendance, départ définitif de Suisse
- Rachats volontaires possibles et fiscalement déductibles
Qu'est-ce que le 2ème pilier ?
Le 2ème pilier, aussi appelé prévoyance professionnelle ou LPP (Loi sur la prévoyance professionnelle), est un système d’assurance obligatoire en Suisse pour les salariés dont le revenu dépasse un certain seuil, faisant parti du concept des trois piliers. Il vise à compléter les prestations de l’AVS afin de garantir un revenu suffisant une fois à la retraite, en cas d’invalidité ou de décès. Financé conjointement par l’employeur et l’employé, il repose sur un principe de capitalisation individuelle: chaque assuré épargne pour sa propre retraite.
Qui est concerné ?
Tous les salariés en Suisse ne cotisent pas automatiquement au 2ème pilier. L’affiliation obligatoire dépend de plusieurs conditions:
- Être salarié et soumis à l’AVS
- Avoir un revenu annuel supérieur à CHF 22'680 (seuil 2026)
- Avoir au moins 17 ans pour l’assurance décès et invalidité
- Dès 24 ans, commencer à cotiser aussi pour la retraite
Seuils LPP (2026)
| Paramètre LPP | Montant |
|---|---|
| Seuil d'entrée LPP (revenu minimum) | CHF 22'680 |
| Déduction de coordination | CHF 26'460 |
| Salaire coordonné minimum assuré | CHF 3'780 |
| Salaire coordonné maximum assuré | CHF 64'260 |
| Salaire AVS déterminant maximum | CHF 90'720 |
Même si vous ne remplissez pas les conditions standard, il est possible de s’assurer au 2e pilier de manière volontaire. Par exemple, un employeur peut décider de couvrir un salarié dont le revenu est inférieur à CHF 22’680. De même, les indépendants ou les personnes engagées pour une courte durée peuvent choisir d’y cotiser, bien que cela ne soit pas obligatoire.
Cotisations et bonifications vieillesse
Les cotisations au 2ème pilier (LPP) sont calculées sur le salaire annuel dit coordonné (c’est-à-dire après déduction d’un montant fixe appelé déduction de coordination, CHF 26’460 en 2026). Elles sont partagées entre l’employeur et l’employé, l’employeur devant payer au moins la moitié (sauf pour les indépendants qui doivent payer l’entièreté des cotisations). Les cotisations comprennent plusieurs composantes, dont l’épargne vieillesse, les risques et les frais.
1. Bonifications vieillesse
Les bonifications vieillesse représentent la partie épargne de la prévoyance professionnelle, et le taux augmente avec l’âge afin de constituer progressivement l’avoir de vieillesse. Voici un aperçu des bonifications vieillesse en 2026 selon l’âge de l’assuré dans la partie obligatoire:
| Âge de l'assuré | Pourcentage % |
|---|---|
| 25 – 34 ans | 7% |
| 35 – 44 ans | 10% |
| 45 – 54 ans | 15% |
| 55 – 65 ans | 18% |
2. Primes de risque
Les primes de risque financent la couverture contre les risques d’invalidité et de décès. Cela signifie que si un assuré devient invalide ou décède avant l’âge de la retraite, la caisse de pension versera une rente d’invalidité ou une rente de survivants (conjoint, partenaire enregistré, enfants). Ces primes varient selon l’âge et le sexe.
3. Contribution au fonds de garantie LPP
Chaque institution de prévoyance doit verser une contribution au fonds de garantie LPP, qui garantit les prestations minimales légales en cas d’insolvabilité d’une caisse de pension. Ce mécanisme protège les assurés contre le risque de perdre leur avoir de prévoyance si leur caisse fait faillite. Le fonds intervient également en cas de restructuration ou de situations exceptionnelles, comme lors de fusions de caisses.
Prestations : vieillesse, invalidité, décès
Le 2ème pilier protège également les assurés et leur famille contre les risques d’invalidité ou de décès, ainsi que contre le risque inévitable de la vieillesse. Les prestations sont donc versées selon différents événements de la vie, sous forme de rentes. Voici un aperçu synthétique des principales prestations prévues par la LPP :
| Type de rente | Détails |
|---|---|
| Départ à la retraite | |
| Rente de vieillesse | Versée dès l'âge légal de la retraite. Calculée à partir de l'avoir de vieillesse épargné, au taux de conversion de 6.8%. |
| Capital vieillesse | Possibilité de retirer 1/4 de l'avoir LPP obligatoire sous forme de capital. Certaines caisses permettent le retrait de l'intégralité du capital. |
| Rente enfant de retraité | 20% de la rente de vieillesse versée par enfant, jusqu'à 18 ans ou 25 ans s'il est en formation. |
| Invalidité avant la retraite | |
| Rente d'invalidité | Si l'assuré devient invalide (selon l'AI), il reçoit une rente calculée sur l'avoir accumulé + les bonifications de vieillesse futures, sans intérêts. |
| Rente enfant d'invalide | 20% de la rente d'invalidité versée par enfant, jusqu'à 18 ans ou 25 ans en cas de formation. |
| Décès avant la retraite | |
| Rente de conjoint | Le conjoint survivant touche 60% de la rente si le mariage a duré au moins 5 ans et que le conjoint a au moins 45 ans, ou s'il y a des enfants à charge. À défaut, une indemnité unique équivalente à 3 rentes annuelles peut être versée. |
| Rente d'orphelin | 20% de la rente versée à chaque enfant jusqu'à 18 ans, ou 25 ans en cas de formation. |
Rente ou capital : que choisir à la retraite ?
À la retraite, vous pouvez percevoir votre avoir LPP sous forme de rente viagère, de capital unique, ou d’une combinaison des deux. Ce choix est irrévocable et il doit être communiqué à votre caisse de pension au minimum un an à l’avance.
La rente garantit un revenu mensuel fixe à vie, indépendamment de votre longévité ou de l’évolution des marchés. Avec le taux de conversion légal de 6,8 % sur la part obligatoire, elle représente un rendement garanti difficile à égaler avec des placements sécuritaires. En contrepartie, le capital restant ne se transmet pas aux héritiers et la rente est imposée à 100 % comme revenu.
Le capital offre une flexibilité totale — rembourser une hypothèque, investir, organiser une succession — et est imposé une seule fois à taux réduit lors du retrait. Mais vous assumez seul la gestion du capital sur 20 à 30 ans, sans filet de sécurité si les fonds s’épuisent.
La combinaison des deux est souvent la solution la plus équilibrée : une partie en rente pour sécuriser un revenu de base, une partie en capital pour les projets et la transmission.
Pour une analyse chiffrée consultez notre guide rente ou capital LPP.
Comment améliorer mes prestations du 2ème pilier ?
Effectuer des rachats dans votre caisse de pension est le moyen le plus efficace d’améliorer vos prestations du 2ème pilier. Ces versements volontaires permettent de combler d’éventuelles lacunes de cotisation, par exemple après un changement d’emploi, un congé non payé ou une réduction du taux d’activité.
Le montant racheté augmente directement votre avoir de vieillesse, ce qui se traduit par une rente plus élevée à la retraite. En plus de cet avantage, les rachats sont fiscalement déductibles, ce qui permet de réduire votre revenu imposable. Il convient toutefois de respecter certaines conditions, notamment un délai de trois ans avant un retrait en capital si vous avez effectué un rachat.
Pour optimiser votre prévoyance, le 3ème pilier offre une solution sur mesure et complémentaire à votre caisse de pension. Le pilier 3a, ainsi que le pilier 3b dans certains cantons, bénéficient d’un avantage fiscal reconnu.
Comment retirer son 2ème pilier ?
Le capital de votre 2ème pilier peut être retiré sous certaines conditions:
1. Départ à la retraite
Vous pouvez demander le versement de tout ou partie de votre avoir de vieillesse sous forme de capital, selon les règles de votre caisse de pension. Une demande formelle doit être faite plusieurs mois à l’avance.
2. Départ définitif de Suisse
Si vous quittez la Suisse pour un pays hors de l’UE/AELE, vous pouvez retirer l’entier de votre 2e pilier. Si vous partez dans un pays de l’UE/AELE, seul le montant surobligatoire est retirable, sauf exceptions.
Si vous avez déjà retiré votre 2ème pilier lors d’un départ à l’étranger et que vous envisagez un retour en Suisse, les conséquences sur votre prévoyance sont importantes — découvrez les démarches et options disponibles.
3. Accès à la propriété
Vous pouvez utiliser votre avoir pour financer l’achat de votre résidence principale, soit par retrait anticipé, soit comme garantie (EPL – encouragement à la propriété).
4. Début d’une activité indépendante
5. Faible montant
Si votre avoir de libre passage est inférieur à une année de cotisations, vous pouvez en demander le retrait.
Imposition des retraits
Chaque retrait est soumis à l’impôt sur les prestations en capital, un impôt à taux réduit, distinct du revenu ordinaire, à 1/5 du taux d’imposition. Il est donc conseillé de planifier cette opération avec soin.
Fiscalité du retrait
En Suisse, le retrait du capital LPP est soumis à un impôt sur les prestations en capital, c’est un impôt distinct du revenu ordinaire, appliqué à un taux réduit correspondant à environ 1/5 du taux habituel selon les cantons.
Le taux varie fortement selon le canton de domicile au moment du retrait. Pour un retrait de CHF 200’000, les écarts sont significatifs :
| Canton | Taux estimé | Impôt approximatif |
|---|---|---|
| Zoug | ~4,2% | ~CHF 8'400 |
| Valais | ~5,5% | ~CHF 11'000 |
| Zurich | ~5,6% | ~CHF 11'200 |
| Genève | ~5,7% | ~CHF 11'400 |
| Fribourg | ~5,8% | ~CHF 11'600 |
| Vaud | ~6,4% | ~CHF 12'800 |
L’impôt est progressif : plus le montant retiré est élevé en une seule fois, plus le taux effectif augmente. Fractionner les retraits sur plusieurs années fiscales peut générer des économies importantes. Par exemple, à Genève, deux retraits de CHF 250’000 espacés d’un an coûtent environ CHF 10’500 de moins qu’un retrait unique de CHF 500’000.
Trois règles essentielles à retenir :
- Ne jamais retirer le capital dans les 3 ans suivant un rachat LPP, sous peine de rappel d'impôt
- Éviter de cumuler le retrait LPP et le retrait 3ème pilier la même année fiscale
- Pour les couples, coordonner les retraits sur deux années distinctes
Cas particulier des frontaliers français : le retrait du 2ème pilier est soumis à plusieurs prélèvements cumulés : l’impôt à la source suisse, l’imposition française (prélèvement forfaitaire de 7,5% après abattement de 10%, ou barème progressif), et les prélèvements sociaux (~9%). Sur un capital de CHF 200’000, la charge fiscale totale peut atteindre CHF 30’000 à 35’000 selon la situation. Une planification anticipée est indispensable.
Pour une estimation précise de votre impôt et une stratégie de retrait optimisée selon votre canton et votre situation familiale, consultez notre guide complet sur la fiscalité du retrait LPP.
Rachat LPP : optimiser sa retraite
Effectuer des rachats dans votre caisse de pension est le moyen le plus efficace d’améliorer vos prestations du 2ème pilier. Ces versements volontaires permettent de combler d’éventuelles lacunes de cotisation, par exemple après un changement d’emploi, un congé non payé ou une réduction du taux d’activité.
Le montant racheté augmente directement votre avoir de vieillesse, ce qui se traduit par une rente plus élevée à la retraite. En plus de cet avantage, les rachats sont fiscalement déductibles, ce qui permet de réduire votre revenu imposable. Il convient toutefois de respecter certaines conditions, notamment un délai de trois ans avant un retrait en capital si vous avez effectué un rachat.
Pour optimiser votre prévoyance, le 3ème pilier offre une solution sur mesure et complémentaire à votre caisse de pension. Le pilier 3a, ainsi que le pilier 3b dans certains cantons, bénéficient d’un avantage fiscal reconnu.
Partage du 2ème pilier en cas de divorce
En cas de divorce en Suisse, les avoirs du 2ème pilier accumulés pendant le mariage sont en principe partagés équitablement entre les époux, quelle que soit la répartition des biens ou le régime matrimonial. Ce partage concerne uniquement les prestations de sortie (avoirs de libre passage) constituées durant la vie commune.
Le montant est calculé à la date d’introduction de la procédure de divorce. Chaque conjoint a droit à la moitié des avoirs de prévoyance que l’autre a épargnés pendant le mariage. Si l’un des deux n’a pas ou peu cotisé (par exemple en cas de pause professionnelle pour élever les enfants), il peut ainsi récupérer une partie de l’avoir de l’autre sous forme de prestation compensatoire.
Le montant transféré est versé soit dans la caisse de pension du bénéficiaire, soit sur un compte de libre passage, s’il n’est pas immédiatement affilié à une caisse. Des exceptions existent (par exemple en cas d’accord différent validé par le juge ou de rente déjà en cours), mais le principe du partage reste la règle dans la législation suisse.
Libre passage et changement d'emploi
Un compte ou dépôt de libre passage sert à conserver vos avoirs du 2ème pilier lorsque vous quittez une caisse de pension sans en rejoindre immédiatement une autre. C’est une solution transitoire obligatoire pour ne pas perdre vos droits à la prévoyance professionnelle.
Ce cas se présente notamment si vous:
- Quittez votre emploi sans en reprendre un tout de suite,
- Devenez indépendant
- Réduisez votre taux d’activité en dessous du seuil LPP
- Êtes en période de chômage
- Partez à l’étranger
L’avoir accumulé reste ainsi bloqué, protégé et continue à produire des intérêts, tout en étant exonéré d’impôt sur la fortune. Vous pouvez le transférer soit sur un compte ou dépôt bancaire de libre passage, soit dans une police d’assurance de libre passage. Vous gardez ainsi le lien avec le système de prévoyance, en attendant une nouvelle affiliation ou un autre événement (retraite, rachat, ou retrait anticipé sous conditions). Dans tous les cas, comparer les solutions de libre passage est essentiel avant de prendre une décision.
Questions fréquentes
Le 2e pilier complète l’AVS et permet de maintenir environ 60% de revenu antérieur à la retraite. Il est financé par des cotisations partagées entre employé et employeur.
Le 2ème pilier a été introduit en Suisse en 1985 avec l’entrée en vigueur de la LPP.
L’avoir moyen de vieillesse LPP en Suisse s’élève à environ CHF 100’000-150’000, mais varie fortement selon l’âge, le salaire et la durée de cotisation.
À la retraite, ou plus tôt dans certains cas: départ définitif de Suisse, achat d’un logement, début d’activité indépendante ou montant trop faible.
Chaque année, votre caisse de pension vous envoie un certificat de prévoyance indiquant votre avoir de prévoyance et les prestations prévues.
Tous les salariés de 17 ans ou plus dont le revenu annuel dépasse CHF 22’680 (en 2025). Les indépendants peuvent s’y affilier volontairement.
Vous pouvez débloquer votre 2ème pilier en Suisse à la retraite ou plus tôt pour acheter un logement, devenir indépendant ou quitter définitivement le pays.


