Une réalité bien plus fréquente qu'on ne l'imagine
On préfère ne pas y penser, mais l’incapacité de gain est un risque concret pour tout actif en Suisse. En 2024, l’assurance-invalidité fédérale (AI) a versé des prestations à quelque 461 000 personnes, pour des dépenses totales atteignant 10.46 milliards CHF.
Parmi elles, 254 000 ont perçu une rente d’invalidité, dont 227 300 résidaient en Suisse.
Autrement dit: 6 assurés sur 100 vivant en Suisse ont bénéficié d’au moins une prestation AI au cours de l’année. Ce chiffre peut paraître abstrait, mais ramené à votre cercle proche (famille, collègues, amis), il prend une tout autre dimension.
Et le phénomène est en hausse. Le nombre de nouvelles rentes a progressé dans toutes les tranches d’âge, avec une augmentation particulièrement marquée chez les 18–24 ans et les 60–64 ans. Ce sont toutefois les assurés entre 55 et 63/64 ans qui constituent le groupe le plus affecté.
La maladie, cause principale souvent sous-estimée
Lorsqu’on évoque l’incapacité de gain, on pense souvent à un accident grave. C’est pourtant une idée reçue : 9 cas sur 10 sont causés par une maladie, et non par un accident. Ce chiffre est capital, car les protections offertes par le système suisse ne sont pas les mêmes selon la cause.
En cas d’accident, les assurances sociales obligatoires couvrent jusqu’à 90 % de votre revenu antérieur, ce qui représente une protection relativement solide.
En cas de maladie, en revanche, la combinaison du 1er pilier (AVS/AI) et du 2e pilier (LPP) ne couvre plus qu’environ 60% de votre revenu. Un manque à gagner substantiel qui peut rapidement devenir problématique, notamment si vous avez des charges fixes élevées : loyer ou hypothèque, leasing, primes d’assurance maladie, ou frais de garde d’enfants.
Et ce n’est pas tout : l’incapacité de gain n’engendre pas seulement une perte de revenus. Elle peut aussi générer de nouveaux coûts: transport adapté, aide à domicile, garde des enfants, qui viennent aggraver une situation déjà fragilisée.
La santé mentale, un risque trop souvent ignoré
L’une des évolutions les plus frappantes de ces dernières années concerne l’origine des invalidités. En 2024, 1 bénéficiaire de rente AI sur 2 souffrait d’une maladie psychique. La dépression, les troubles anxieux et les burnouts figurent désormais parmi les premières causes d’incapacité de gain en Suisse.
Les chiffres de l’Office fédéral de la statistique sont éloquents : 9 % de la population suisse souffre actuellement de dépression, et 17 % connaîtra un trouble dépressif au moins une fois dans sa vie. Or, une dépression ou toute autre maladie mentale reconnue médicalement est bien considérée comme une incapacité de gain, ouvrant droit aux mêmes prestations qu’une pathologie physique.
Il serait donc dangereux de considérer l’incapacité de gain comme un risque uniquement « physique ». Le risque psychique est réel, documenté, et en augmentation.
Ce que verse réellement le système suisse
Le système suisse repose sur trois piliers. Mais en cas d’incapacité de gain pour cause de maladie, les deux premiers piliers présentent des limites importantes qu’il faut connaître.
- Le 1er pilier (AVS/AI) verse une rente dont le montant dépend de vos revenus antérieurs et de vos années de cotisation. Elle est plafonnée et rarement suffisante, seule, pour maintenir un niveau de vie correct.
- Le 2e pilier (LPP) complète cette rente via votre caisse de pension. Mais ici, une réalité s'impose : les prestations en cas de maladie sont souvent inférieures à celles prévues en cas d'accident. Et surtout, le système du 2e pilier ne concerne pas tout le monde.
Les indépendants, en particulier, sont particulièrement exposés : non affiliés à une caisse de pension sauf affiliation volontaire, ils ne bénéficient d’aucune couverture du 2e pilier en cas d’invalidité. La rente AI du 1er pilier seule est nettement insuffisante pour couvrir leurs charges professionnelles et personnelles.
Les personnes à bas revenus se trouvent également dans une situation vulnérable. En dessous dus seuil d’entrée LPP, leurs prestations d’invalidité sont faibles et comprendront uniquement l’AI.
En résumé : plus vous dépendez uniquement des deux premiers piliers, plus vos lacunes de prévoyance risquent d’être importantes.
Le 3ème pilier : votre filet de sécurité personnalisé
Face à ces lacunes, la prévoyance privée (le 3ème pilier), constitue la réponse la plus adaptée. Il en existe deux formes, toutes deux compatibles avec une assurance incapacité de gain :
Le pilier 3a (prévoyance liée) est fiscalement avantageux : les primes versées sont déductibles du revenu imposable chaque année, ce qui permet de réduire sa charge fiscale tout en se protégeant. Il est soumis à un plafond annuel de cotisation.
Le pilier 3b (prévoyance libre) offre davantage de flexibilité, sans plafond de cotisation ni contraintes de retrait aussi strictes. Il est particulièrement adapté aux situations où les besoins dépassent les limites du 3a.
Dans les deux cas, les solutions d’assurance incapacité de gain disponibles permettent de couvrir efficacement les lacunes laissées par les 1er et 2e piliers.
Comment fonctionne concrètement une assurance incapacité de gain ?
Une assurance incapacité de gain du 3ème pilier verse une rente régulière lorsque vous ne pouvez plus exercer votre activité professionnelle en raison d’une maladie ou d’un accident. Le système fonctionne selon un barème d’incapacité :
- En dessous de 25 % d'incapacité : aucune prestation n'est versée.
- Entre 25 et 69 % : une prestation partielle est versée, proportionnelle au taux d'incapacité.
- À partir de 70 % : vous percevez 100 % des prestations contractuelles.
- Le délai d'attente (ou délai de carence) : la rente ne commence à courir qu'après une période définie au moment de la souscription. Plus ce délai est long, plus la prime est basse — ce qui permet d'ajuster le coût selon votre situation (par exemple, si votre employeur maintient votre salaire plusieurs mois en cas d'arrêt maladie).
- La libération du paiement des primes : en cas d'incapacité de gain reconnue, c'est l'assureur qui prend en charge le paiement de vos primes jusqu'à la fin du contrat. Vous continuez ainsi à être protégé sans effort financier supplémentaire de votre part.
Outre la rente, il est également possible de percevoir les prestations sous forme de capital, notamment pour les cas d’invalidité permanente. Cette option est particulièrement intéressante pour les propriétaires souhaitant amortir une dette hypothécaire.
Un risque souvent sous-estimé : l'incapacité d'épargner
Un aspect trop rarement évoqué mérite d’être souligné. L’incapacité de gain ne frappe pas uniquement votre revenu du moment : elle compromet aussi votre capacité à épargner pour l’avenir.
Avec seulement 60 % de votre revenu habituel, financer vos projets à long terme (retraite, études des enfants, achat immobilier) devient extrêmement difficile, voire impossible. Sans assurance privée, une période d’incapacité prolongée peut effacer des années d’efforts d’épargne, avec des conséquences qui s’étendent bien au-delà de l’arrêt de travail lui-même.
Qui est le plus concerné ?
Les indépendants sont sans conteste les plus exposés. Sans 2ème pilier obligatoire, une maladie ou un accident peut être financièrement dévastateur. Une assurance incapacité de gain privée n’est pas un luxe pour eux : c’est une nécessité.
Les salariés à faibles revenus sous-estiment souvent leurs lacunes. Les prestations du 2e pilier étant calculées sur la base du salaire, elles sont proportionnellement insuffisantes pour couvrir les besoins courants, même combinées à la rente AI.
Les hauts revenus se trouvent face à un problème structurel souvent méconnu : les assurances sociales obligatoires plafonnent le salaire assuré à deux niveaux. Sous la LAA (assurance-accidents), le gain assuré est limité à 148 200 CHF par an. Sous la LPP (2e pilier), le salaire coordonné maximal pris en compte est de 68 260 CHF par an. Au-delà de ces seuils, la portion de revenu excédentaire n’est tout simplement pas couverte par le système obligatoire. Concrètement, un cadre ou un indépendant dont le revenu dépasse ces plafonds percevra, en cas d’incapacité, des prestations calculées sur une base bien inférieure à son salaire réel, créant une lacune d’autant plus importante que son niveau de vie est élevé.
Finalement, les personnes avec charges familiales ou hypothécaires élevées : le passage à 60 % de revenus peut remettre en cause l’équilibre financier d’un ménage entier. Prêt immobilier, loyer, charges de famille… ces dépenses ne s’ajustent pas automatiquement à la baisse de revenus.
Comment évaluer vos besoins ?
Chaque situation est unique. Une analyse de prévoyance personnalisée est le point de départ indispensable pour identifier vos lacunes réelles. Elle permet de visualiser précisément ce que vous percevriez des 1er et 2e piliers en cas d’invalidité, et d’en déduire le montant à assurer dans le cadre du 3e pilier.
Cette analyse prend en compte votre situation professionnelle (salarié ou indépendant), votre revenu actuel, vos charges fixes, vos éventuelles charges familiales, ainsi que les conditions de votre caisse de pension si vous en dépendez.
Trop de personnes, y compris des salariés bien couverts sur le papier, découvrent, lors de cette analyse, que des lacunes significatives existent, notamment pour les cas de maladie. Mieux vaut le savoir avant que le risque ne se réalise.
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En résumé
L’incapacité de gain est un risque bien réel, statistiquement fréquent, et financièrement lourd de conséquences. Les assurances sociales suisses offrent un filet de sécurité appréciable, mais insuffisant dans de nombreuses situations.
La prévoyance privée du 3e pilier, qu’il s’agisse d’une rente, d’un capital en cas d’incapacité de gain, ou encore d’une libération des primes, permet de combler ces lacunes de manière ciblée, fiscalement avantageuse, et adaptée à votre situation personnelle.
La première étape ? Faire le point sur votre situation réelle avec un expert en prévoyance. Ce n’est qu’en connaissant précisément vos lacunes que vous pouvez agir efficacement pour les combler.
